Un femmage aux sorcières et à toutes les soeurs d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

A nos sœurs, si hier, ils vous ont chassées, torturées, exterminées.
Aujourd’hui c’est terminé. On est vénère. On vous vénère.
A nos soeurs, si hier, ils ont voulu vous faire taire, terrer dans l’oubli.
Aujourd’hui, vous êtes là. Aujourd’hui, « on vous croit ».

Votre sang coule dans nos veines, vos flammes brûlent dans notre âme.
On marche dans vos pas. Vous éclairez nos voies.
Vous êtes notre force, notre croix.
Notre « puissance invaincue »1, notre soif absolue.

On ressuscite votre mémoire à la lueur de vieux grimoires.
Vous êtes guérisseuses, magicienne, enchanteresse.
Vous êtes femmes et pour cette seule raison coupables de tous les vices.
Victimes des pires infamies.

Accusées de sorcellerie, parmi nos soeurs, celles qui rient (trop), ripostent (trop fort),
Guérissent du mal, contrôlent la vie. Un pouvoir déviant ?, DÉFIANT l’autorité du mâle.

Accusées de copuler avec le malin, mais il n’y a de démon que la démence des hommes.
De ces hommes-là. Inquisi’tueur.

Sorcières ou sœurs qui errent ?
Conjurer le sort, allumer les cierges,
Hymne aux sorcières, jeter au rebut les chapeaux pointus,
Nez crochus et grosses verrues.
Un héritage chargé de sens.

Aux « sorcières comme les autres »2
Aux Anne Sylvestre de ce monde, aux Olympe, aux Simone, aux Viona,
Aux Rosa, aux Nawal, aux Joyce…
Aux éternelles guerrières, aux immortelles maux d’Elles.

Aux sorcières des temps modernes
Qui apprivoise leur histoire et improvise leur pouvoir.

Aux soeurs douces, dociles,
Aux soeurs rebelles, libres,
Aux soeurs vieilles, seules ou folles
Et à leurs chats si Familiers.

A celles qui dépassent, prennent leur place,
A celles qui s’effacent ou trépassent.

A toutes les soeurs bafouées,
Tandis que les agresseurs sont acquittés.

C’est au tour des chasseurs d’être traqués.
Désormais, la foudre se déploie
la honte, sur eux, et le sabbat.

Un autre monde est possible.
D’une meilleure peine passible
Que le harcèlement de rue soit l’avenue
D’un aveux à bannir, d’un plus juste avenir.

Que les violences sexuelles, conjugales
Ne se conjuguent plus au présent de l’infini
Fini les féminicides. Les femmes aussi ont le droit de vivre.
En paix.

Écoutons les filles, éduquons les garçons.
Arrêtons d’enfermer, de blâmer les unes,
Quand ce sont les autres le poison.
« Not all men, not all men » mais un peu trop quand même.

A nos frères soyez de fiers alliés !
Prêchez par l’exemple.
Parlez à vos fils, à vos boys.

Pour nos sœurs d’hier, d’aujourd’hui et de demain.
Que ce combat ne soit plus vain.
Pas une de plus, pas une de moins.3

Aux sœurs, cierges, longue et belle vie.
« Fuck le patriarcat et vive les chats » !4

 

1.Tiré du livre de Mona Chollet, Sorcières : la puissance incainvue de femmes.
2. En référence à la sublime chanson d’Anne Sylvestre, Une sorcière comme les autres.
3. »Ni una mujer menos, ni una muerta más » (Pas une femme de moins, pas une morte de plus) de Susana Chávez
4.Emprunté à Maude Bergeron avec Les folies passagères.